
Esmée est une petite fée. Elle est douce et courageuse. Elle vit au Port céleste, là où les bateaux-volants se posent tout doucement. Les voiles font « fff » dans l’air.
Ce matin, la Reine vient au port. La Reine est grande et gentille. Elle porte une couronne qui brille.
« Bonjour, Esmée, dit la Reine. Ce soir, on allume le Grand Phare du ciel. Mais la lumière a disparu. »
Esmée ouvre de grands yeux. « Oh non. Sans lumière, les bateaux-volants ne verront pas le quai. »
La Reine chuchote : « Une Sorcière est passée. Elle a pris l’Étoile-Lampe. »
Esmée serre ses petites mains. Elle a un peu peur, mais elle veut aider.
« Je vais la retrouver, dit Esmée. »
La Reine lui donne un petit sac. « Tiens. Trois paillettes de courage. Une, deux, trois. »
Esmée vole au-dessus des planches du port. Elle suit une trace noire, comme de la fumée. Elle arrive près des cordages et des caisses.
« Toc toc ! » fait une caisse.
Esmée sursaute. Puis elle rit un peu. « Qui est là ? »
Un petit crabe-robot du port sort sa pince. « Bip. J’ai vu la Sorcière. Elle est allée vers le nuage-gris. Bip. »
Esmée dit : « Merci, petit ami. » Elle lui donne une paillette. Le crabe-robot brille.
Esmée vole vers le nuage-gris. Le vent souffle : « Houuu. »
Dans le nuage, une voix grogne : « C’est mon Étoile-Lampe ! »
La Sorcière apparaît. Elle a un grand manteau. Ses yeux font « plop plop » comme deux bulles sombres.
Esmée tremble. Elle prend une paillette de courage. « Je ne veux pas me battre, dit-elle. Je veux la lumière pour le Port céleste. »
La Sorcière serre l’Étoile-Lampe. Elle boude. « Moi aussi, j’aime la lumière… mais personne ne m’invite. »
Esmée penche la tête. « Tu es seule ? »
La Sorcière ne répond pas. Elle regarde ses chaussures.
Esmée sort la dernière paillette. « On peut faire un marché. Tu viens avec nous au port. On te donne une place, et tu rends l’Étoile-Lampe. »
La Sorcière hésite. « Et… il y aura des biscuits ? »
Esmée sourit. « Oui. Des biscuits nuage. Tout mous. »
La Sorcière fait un petit « hm ». Puis elle tend l’Étoile-Lampe. « D’accord. »
Esmée prend l’Étoile-Lampe. Elle est chaude et dorée. Elle la serre contre elle.
Au Port céleste, la Reine applaudit doucement. « Bravo, Esmée ! Tu as été brave et gentille. »
La Reine allume le Grand Phare du ciel. La lumière tourne : un, deux, trois. Les bateaux-volants font « tutut » et arrivent bien.
La Sorcière reste près de la table. Elle mange un biscuit. « C’est… bon. »
La Reine dit : « Tu peux aider à garder la lumière, si tu veux. »
La Sorcière cligne des yeux. « Moi ? Gardienne du phare ? »
Esmée dit : « Oui. Ensemble. »
Alors la Reine offre à Esmée une récompense : une petite clé en argent. « Avec ça, tu ouvres le Coffre des Poussières d’étoiles. »
Esmée ouvre le coffre. Dedans, il y a une poignée de poussières qui brillent, et une mini-lampe rien qu’à elle.
Esmée rit : « Ma lampe ! »
Le Port céleste brille. La nuit est douce. Et Esmée se sent grande, même toute petite.