Histoires pour enfants

Léonie et la baguette du Dragon

Histoires pour enfants

Au château, les lanternes s’éteignent : la baguette du Magicien a disparu. Léonie, une fille timide mais maligne, ose parler au Dragon qui l’a prise. Avec un miroir arc-en-ciel, une idée d’échange et beaucoup de douceur, elle sauve le goûter royal… et gagne un vrai trésor de courage.
Léonie et la baguette du Dragon

Léonie vivait dans un grand château aux murs couleur miel. Elle était une fille curieuse et douce. Parfois un peu timide, surtout quand tout le monde la regardait. Mais dans sa poche, elle gardait toujours un petit caillou brillant, pour se donner du courage.

Ce matin-là, le château était en fête. La Princesse Anouk et le Prince Basile préparaient un goûter royal. Il y avait des rubans, des gâteaux, et une grande table dans la salle des tapis.

Le Magicien Mirto, avec sa barbe toute frisottée, fit tournoyer sa baguette.
« Regardez bien, les enfants ! Je vais faire danser les lanternes ! »
Les lanternes montèrent, montèrent… et tout à coup, PAF ! Elles s’éteignirent.

« Oh non, ma baguette… elle ne répond plus », murmura le Magicien.
La Princesse fronça les sourcils. « Sans lumière, le goûter ne sera pas joyeux. »
Le Prince regarda autour de lui. « Et la grande porte grince plus fort que d’habitude… »

Léonie s’approcha doucement. « Mirto… ta baguette a peut-être disparu ? »
Le Magicien tapa dans ses poches, sous son chapeau, même dans sa manche. Rien.
« Elle était là, juste là ! »

Une ombre passa sur les vitres. On entendit un grand souffle, comme un vent chaud.
« Fffffouuu… »
Dans la cour du château, un Dragon se posa. Il était énorme, mais surtout très fier. Ses écailles brillaient comme des casseroles neuves.

Le Dragon pencha sa tête vers une fenêtre et parla d’une voix grave :
« J’ai pris la baguette ! Elle fait un joli bâton pour gratter mon dos. »

La Princesse eut un petit hoquet. « Il… il a volé la baguette ! »
Le Prince prit une cuillère en bois comme une épée. « Je vais lui dire d’arrêter ! »
Mais sa main tremblait un peu.

Léonie serra son caillou brillant. Son cœur faisait boum-boum. Elle avait peur, oui. Mais elle avait aussi une idée.
« Si on lui demande gentiment… et si on lui donne quelque chose à la place ? »

Le Magicien cligna des yeux. « Tu es maligne, Léonie. Les dragons aiment les trésors. Mais nous n’allons pas lui donner la couronne ! »
La Princesse secoua la tête très fort. « Non non non ! »

Léonie regarda autour d’elle. Dans un coin de la salle, il y avait un coffre à jouets du château. Dedans, des rubans, des billes, et un petit miroir qui faisait des reflets arc-en-ciel.
« On pourrait lui offrir ça. Un miroir arc-en-ciel. Les dragons aiment briller, non ? »

Le Prince sourit. « Moi, j’aime bien briller aussi. »
La Princesse gloussa malgré elle.

Ils sortirent dans la cour, tous ensemble. Léonie devant, mais pas trop vite. Le Magicien derrière, prêt à aider. La Princesse et le Prince côte à côte, très dignes, même si leurs genoux étaient un peu mous.

Le Dragon les regardait, la baguette coincée sous une patte.
« Alors ? Vous êtes venus me gronder ? »

Léonie leva le miroir avec deux mains.
« Bonjour, Monsieur Dragon. Je m’appelle Léonie. Nous avons besoin de la baguette du Magicien pour rallumer les lanternes. On peut te proposer un échange ? »

Le Dragon plissa un œil. « Un échange ? Moi, j’aime les échanges… quand je gagne. »

Léonie tourna le miroir vers le soleil. Des couleurs dansèrent sur les murs du château : rouge, bleu, vert, violet, comme une pluie de bonbons.
Le Dragon resta bouche ouverte.
« Ooooh… c’est joli. Ça chatouille mes yeux. »

La Princesse ajouta, avec sa plus belle voix :
« Ce miroir te fera briller, même quand il n’y a pas de soleil. »
Le Prince hocha la tête. « Et tu pourras te voir… très, très majestueux. »

Le Dragon gonfla sa poitrine. « Majestueux, oui… c’est un bon mot. »
Il gratta son dos contre un pilier. « Mais la baguette est parfaite pour gratter. »

Léonie eut une petite idée de plus.
« On peut aussi te donner… une brosse ! Une brosse douce, avec un long manche. On en a une pour nettoyer les grandes casseroles de la cuisine. Elle gratte bien. »

Le Magicien se pencha vers elle et chuchota : « Une brosse à casseroles… c’est très sérieux, ça. »

Le Dragon réfléchit. Il compta sur ses griffes.
« Miroir arc-en-ciel… plus brosse gratte-dos… contre une baguette… Hmmm. »

Et là, il éternua.
« ATCHOUM ! »
Une petite flamme sortit, juste une petite. Elle fit cuire un biscuit tombé par terre.
Le Prince ramassa le biscuit. « Oh ! Un biscuit chaud ! »
La Princesse rit. « Dragon, tu fais aussi four ! »

Le Dragon sembla surpris. « Je… je ne voulais pas. J’ai le nez qui pique. La poussière de ce château… »

Léonie le regarda avec des yeux gentils. « Tu es peut-être venu trop près des fenêtres. Ça gratte, la poussière. »
Le Dragon baissa un peu la tête. « Oui. Et… je suis seul. Personne ne me parle. Alors je prends des choses. Comme ça, on me remarque. »

Le Magicien Mirto fit un pas en avant. Sa voix devint douce.
« On te remarque, Dragon. Mais au château, on demande d’abord. »

Léonie s’approcha d’un tout petit pas. Pas jusqu’aux griffes, juste assez.
« Si tu rends la baguette, tu peux venir au goûter. Il y aura des gâteaux. Et on te donnera le miroir et la brosse. Et… tu pourras éternuer loin des rideaux. »

Le Dragon cligna des yeux. « Au goûter ? Avec vous ? »
Le Prince leva sa cuillère-épée. Puis il la baissa. « Oui. Mais doucement. Et sans croquer les chaises. »
La Princesse ajouta : « Et tu t’assois sur… la grande couverture, pas sur les coussins. »

Le Dragon sourit. Enfin, un sourire de dragon, avec des dents partout.
« D’accord. Je rends la baguette. »
Il poussa la baguette du bout de sa patte, très prudemment, comme si c’était un petit oiseau.

Le Magicien la rattrapa. « Ouf ! Merci ! »
Il fit un geste rond. Les lanternes du château s’allumèrent d’un coup. La cour devint dorée. Même les pigeons semblèrent applaudir.

Puis Mirto fit un autre tour de baguette.
« Et pour récompenser Léonie… voici un trésor de courage ! »
Un coffre apparut sur les marches. Il n’était pas énorme, mais il sentait la vanille.

Léonie ouvrit le coffre. À l’intérieur, il y avait une petite cape rouge toute douce, avec une poche secrète, et une médaille brillante en forme d’étoile.
Sur la médaille, on pouvait lire : « Léonie, négociatrice du château. »

Léonie rougit. « Moi ? »
La Princesse lui prit la main. « Oui, toi. Tu as eu une idée gentille et intelligente. »
Le Prince fit une révérence un peu de travers. « Et tu as sauvé le goûter. »

Le Dragon reçut le miroir arc-en-ciel et la brosse. Il se regarda, très sérieux.
« Je suis… vraiment majestueux. »
Puis il se gratta le dos et soupira de bonheur.
« Aaah. Ça, c’est la vraie magie. »

Ils mangèrent des gâteaux dans la cour du château, sous les lanternes. Le Dragon soufflait doucement pour refroidir le chocolat chaud. La Princesse racontait des blagues. Le Prince partageait ses biscuits.

Et Léonie, avec sa cape neuve et sa médaille, se sentit grande. Pas parce qu’elle n’avait plus peur. Mais parce qu’elle avait parlé quand il le fallait. Et dans sa poche, son petit caillou brillant semblait sourire aussi.



AccueilConcoursParticiperFun
Baybee